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L'édition VIII est programmée les 19-20-21-22 juin 2026.

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Se termine le 19 juin 2026 à 00:00

Chartreuse Terminorum : à mi-chemin entre passion et obsession

Chartreuse Terminorum

Qu'est-ce que la Chartreuse Terminorum ? 

Un ultra qui ne ressemble à aucun autre

La Chartreuse Terminorum est une épreuve d’ultra-endurance hors normes, qui se déroule dans le massif de la Chartreuse. Ici, l’objectif n’est pas seulement d’aller loin : c’est de tenir, de s’orienter, de rester lucide et de valider des boucles dans un temps imparti, sans les repères habituels des courses de trail. Pour beaucoup, elle est considérée comme la course la plus dure de France.

Une course hors normes, inspirée de la Barkley

Inspirée par la mythique Barkley Marathons aux États-Unis, la Terminorum reprend l’esprit d’un défi radical : une course volontairement déroutante, où les règles sont simples sur le papier, mais impitoyables sur le terrain. L’engagement y est total, et l’incertitude fait partie intégrante de l’expérience.

En quelques chiffres

Cinq boucles. Un temps limite strict. Une distance et un dénivelé qui placent la course tout en haut de l’échelle.

5 boucles maximum
16 h max par boucle
80 h au total
300 km environ
25 000 m D+ environ
40 coureurs sélectionnés

Une épreuve hybride donc imprévisible

La Chartreuse Terminorum se situe à la frontière de plusieurs disciplines. Bien sûr, il y a du trail : du dénivelé, du terrain exigeant, des heures d’effort. Mais il y a aussi de l’orientation, de la stratégie et une forme d’aventure où tu avances sans trace, sans balisage, en te confrontant au massif autant qu’à toi-même.

Ici, courir ne suffit pas

Sur une course balisée, tu peux parfois “t’accrocher” en subissant. Ici, ça ne marche pas. Il faut prendre des décisions, se recaler quand on se trompe, gérer ses ressources, accepter de perdre du temps, puis se remettre en mouvement. La Terminorum ne récompense pas seulement la vitesse : elle récompense la lucidité et la résilience.

Le vocabulaire à connaître

Boucle
Un tour à valider dans un temps imparti. Chaque boucle conditionne le droit de repartir sur la suivante.
Fun Run
Trois boucles validées. Sur la Terminorum, c’est déjà une performance majeure.
Barrière
Temps maximal par boucle (16 heures). Toute arrivée hors délai met fin à la course.
Jardiner
Perdre du temps en navigation : hésiter, se tromper d’itinéraire, chercher un point ou un livre plus longtemps que prévu.
Triumvirat
Rien ne se décide sans lui, ils préservent l’équilibre fragile entre possible et impossible.
Postulant
Un traileur qui fait acte de candidature à la prochaine édition.

Des coureurs, et un cadre impitoyable

Qui vient se défier sur la Chartreuse Terminorum, et quelles règles rendent cette course aussi redoutable ? Ici, la difficulté ne se résume pas aux kilomètres : elle vient de l’ensemble du système.

Pourquoi c’est si dur

Sur l’ensemble des éditions, seuls 6 finishers sur 274 partants sont allés au bout, soit ≈ 2,19 %. Ce taux illustre une réalité simple : sur la Terminorum, l’échec n’est pas une exception, c’est le scénario le plus probable.

Qui vient se défier ici ?

Pas forcément “les plus rapides”, mais celles et ceux qui cherchent un défi total : ultra-endurance, orientation, autonomie en boucle, gestion du sommeil et capacité à prendre des décisions sous fatigue.

La Terminorum attire des profils d’aventure autant que des traileurs expérimentés.

Parcours secret volontairement insaisissable

Le tracé exact n’est pas connu à l’avance. Le parcours reste volontairement secret et peut être modifié en partie d’une édition à l’autre, ce qui empêche toute “recette” ou reproduction parfaite d’une année sur l’autre.

Recopier la carte comme premier test

Avant même le départ, les postulants doivent recopier la carte. Le parcours est tracé par l’organisation sur un modèle au 1/25 000e, et chacun doit le reporter précisément sur le sien. Tous les chemins réellement empruntés n’y figurent pas : il faut lire les courbes de niveau, anticiper le relief et vérifier, avec le roadbook, que le tracé correspondra au terrain. Les livres sont indiqués, mais mal les positionner suffit à compromettre une boucle. Une erreur de copie peut condamner des heures de jardinage dans le massif.

Autonomie en boucle : seul sur le terrain

La règle est simple : pendant la boucle, le coureur est seul. Toute assistance extérieure est interdite entre le départ et le retour au camp. L’organisation au camp (départ/arrivée) peut exister, mais une fois lancé, tu dois gérer ta progression, tes choix et tes erreurs sans aide.

Sans GPS • Sans balisage • Sans assistance en boucle
La navigation se fait à l’ancienne : lecture du terrain, carte, boussole, décisions sous fatigue.

Les livres comme juges de paix

Les points de contrôle ne sont pas des arches ni des balises. Ce sont des livres cachés sur le massif. Pour valider son passage, le coureur doit retrouver ces livres et en rapporter les pages correspondantes. Sans ces preuves, la boucle n’est pas validée.

Quand partir fait déjà partie de l’épreuve

Le départ ne suit pas un horaire classique. L’heure exacte est tenue secrète et annoncée selon un protocole spécifique : le signal déclenche un compte à rebours, puis le départ réel. Ce flou fait partie de la course : il casse les routines et impose une gestion de l’attente, du stress et du sommeil.

Le temps comme ennemi principal

La Chartreuse Terminorum se gagne souvent contre la montre. Chaque boucle doit être terminée en moins de 16 heures, et l’épreuve complète ne peut pas dépasser 80 heures. Au fil des tours, la fatigue et les erreurs s’accumulent : le moindre “jardinage”, une pause trop longue, ou une mauvaise décision peut suffire à faire basculer une tentative hors délai.

Pourquoi ici, et nulle part ailleurs

La Chartreuse Terminorum n’aurait pas pu naître ailleurs. Le massif de la Chartreuse n’est pas un simple décor : c’est un territoire qui impose ses règles, son rythme et son silence. Un massif lent, dense, exigeant, où l’erreur coûte cher et où la progression n’est jamais fluide.

La Chartreuse, terrain d’engagement

Bien avant la création de la course, la Chartreuse est le terrain de jeu de Benoît Laval lors de ses entrainement pour ses participations à la Barkley Marathon aux USA. Un massif qu’il connaît intimement, pour sa rudesse autant que pour son austérité. Ici, rien n’est spectaculaire, mais tout est exigeant.

Chartreuse Terminorum – immersion dans le massif
©Cyrille-Quintard - Chartreuse Terminorum 2018.

Un territoire chargé de sens

Au cœur du massif se trouve le monastère de la Grande Chartreuse, maison-mère de l’Ordre des Chartreux. Là où, dans le Tennessee, la Barkley est marquée par la présence d’une ancienne prison, la Terminorum s’inscrit dans un territoire façonné par le retrait, le silence et la durée.

La présence historique de Raidlight en Chartreuse renforce ce lien organique entre la course et le territoire. Ici, la montagne n’est pas un décor interchangeable : elle fait partie intégrante de l’intention.

Solitude, silence, engagement

La Chartreuse impose une forme de solitude rare. Les forêts profondes, les combes froides, l’absence de repères visuels constants créent un environnement où l’on se retrouve face à soi-même. La Terminorum ne cherche pas à masquer cela : elle l’assume pleinement.

Une sélection à l’image de la course

La philosophie de la course se prolonge jusque dans la sélection des participants. On ne s’inscrit pas à la Chartreuse Terminorum : on se présente.

La sélection se fait sur lettre de candidature, lue par le Triumvirat, qui choisit les participants et dessine chaque année un parcours partiellement renouvelé, volontairement tenu secret. Une manière de rappeler que, ici, rien n’est dû et que tout commence par l’intention.

Longtemps jugée impossible… jusqu’à preuve du contraire

À ses débuts, la Chartreuse Terminorum est rapidement cataloguée comme une course impossible à finir. Comme la Barkley avant elle, elle accumule les abandons, les échecs, les tentatives avortées. Beaucoup s’y cassent les dents, persuadés que la ligne d’arrivée est hors de portée.

Et pourtant, l’histoire montre autre chose. En y consacrant du temps, de l’énergie, de la réflexion et de l’expérience, certains parviennent à comprendre les règles implicites de la course. En 2023, pour la première fois, plusieurs coureurs vont au bout des cinq boucles.

Ce tournant ne rend pas la Terminorum plus facile. Il prouve simplement qu’elle se situe exactement là où elle a été pensée : à la limite du réalisable.

Adapter sans trahir

Face à ces réussites, le Triumvirat fait évoluer la course. Le parcours est ajusté, certaines difficultés renforcées, toujours dans le respect de l’idée initiale : rester exigeant sans jamais basculer dans l’arbitraire.

La Chartreuse Terminorum n’est ni figée, ni permissive. Elle évolue pour rester fidèle à son intention première : tester les limites sans jamais promettre la réussite.

Palmarès & statistiques

Contrairement aux courses classiques, le palmarès de la Chartreuse Terminorum se lit surtout à travers son taux d’échec. Finir est l’exception, pas la norme.

Finishers par année
  • 2023 : Sébastien Raichon, Mickaël Berthon, Alberto Herrero Casas, Benoît Bachelet, Nicolas Moyroud
  • 2024 : François Devaux
    • Séverine Vandermeulen devient la première femme à terminer une Fun Run.
  • 2025 : Aucun finisher

À la Terminorum, il n’y a pas de classement chronométrique au sens classique : soit tu termines, soit la course gagne.

Ce que la Terminorum raconte du trail aujourd’hui

La Chartreuse Terminorum dépasse largement le cadre d’une simple course. Elle pose des questions sur la pratique du trail moderne, sur ses formats, ses objectifs et sa relation à la performance.

Sortir des formats habituels

À l’heure des ultras balisés, médiatisés et standardisés, la Terminorum propose un contre-modèle. Pas de spectacle, pas de live, pas de classement traditionnel. Juste un défi brut, sans artifice.

La Terminorum casse les codes. Elle refuse les repères. Elle rappelle que le trail, avant d’être un événement, est un engagement total, avec soi-même, avec le terrain, avec l’incertitude.

Accepter l’échec

Ici, l’échec n’est pas une anomalie. Il fait partie intégrante de l’expérience. Abandonner, revenir, retenter : la Terminorum réhabilite une relation plus honnête à la difficulté.

L’entraînement comme clé de réussite

Plus que sur toute autre course, la réussite repose sur le temps consacré : apprendre à s’orienter, tester son matériel, comprendre ses réactions au manque de sommeil et à l’erreur.

Des récits plus que des résultats

Ce que l’on retient de la Chartreuse Terminorum, ce sont les histoires. Celles de Mickaël Berthon, de Sébastien Raichon, de Benoît Laval, et de tous ceux pour qui la course a été une expérience fondatrice, qu’elle se termine ou non.

Portrait de Mickaël Berthon
Mickaël Berthon

Toucher à ses limites, les dépasser parfois sans savoir si l’on parviendra au bout du chemin : voilà ce qui faisait vibrer Mickaël Berthon à l’approche de la Chartreuse Terminorum.

Habitué des courses aux distances et dénivelés vertigineux, il aborde pourtant cette épreuve avec une humilité particulière. Ici, l’erreur ne pardonne pas, et chaque décision peut faire basculer la course.

Après plusieurs tentatives, l’édition 2023 marque un tournant. Mickaël parvient enfin à boucler les cinq tours, concrétisant une obsession de plusieurs années.

Portrait de Sébastien Raichon
Sébastien Raichon

Sébastien Raichon aborde la Chartreuse Terminorum avec une approche faite d’expérience, de lucidité et de patience. Habitué des formats d’endurance extrême, il sait que sur cette course, la réussite ne repose pas uniquement sur la condition physique, mais sur la capacité à durer, à s’orienter et à rester maître de ses décisions quand tout devient incertain.

En 2023, il entre dans l’histoire de la Terminorum en devenant l’un des premiers finishers, validant les cinq boucles dans un massif exigeant et imprévisible. Deux ans plus tard, en 2025, il réalise une Fun Run, rappelant que, sur cette épreuve, chaque boucle validée compte.

Discret et persévérant, Sébastien incarne une vision de l’aventure où l’essentiel n’est pas de briller, mais de tenir.

Portrait de Benoit Laval
Benoît Laval

« Neque porro quisquam est, qui dolorem ipsum, quia dolor sit, amet… Cicéron rappelle que personne ne désire la douleur pour ce qu’elle est. La Chartreuse Terminorum part du même principe : on ne cherche pas à souffrir, on accepte seulement que certaines réponses exigent de traverser l’inconfort, la fatigue et le doute. »

Fondateur de Raidlight, ancien membre de l’équipe de France de trail, Benoît Laval a longtemps arpenté la Chartreuse pour préparer ses participations à la Barkley. Il n’a jamais terminé cette course mythique, comme presque tous ceux qui s’y frottent, mais elle lui a laissé une conviction : certaines épreuves doivent tester autre chose que la vitesse.

C’est dans cette logique qu’il crée, en 2017, la Chartreuse Terminorum : une course sans GPS, sans balisage, sans certitudes.
Un défi radical, pensé pour bousculer, pas pour séduire.
Un retour à l’essence du trail : se perdre, décider, recommencer.

Pour aller plus loin

Livres, films et ressources pour approfondir l’univers de la Chartreuse Terminorum et des courses dites « impossibles ».

  • Film - Chartreuse Terminorum : À la conquête de soi, un film de Jean Despiau & Maxime Audouard, 2024

    Un documentaire centré sur la Terminorum 2023 offre une immersion visuelle dans l’épreuve. À travers le regard de Ronan, coureur pyrénéen passionné, le film explore l’atmosphère mystique du massif, la sélection des postulants et l’effort extrême que demande cette course inspirée de la Barkley. Prix du Jury au festival “Le Trail fait son cinéma” 2024. uptrackplus.com
    👉 Regarder le film 

  • Page officielle de la Chartreuse Terminorum
    La page officielle de la course rassemble toutes les informations essentielles : historique, philosophie, modalités d’inscription et archives des éditions. C’est la source de référence pour celles et ceux qui veulent comprendre les règles, suivre les prochains événements, ou candidater en tant que postulant.
    👉 Le site officiel
  • Livre - Simon Lancelevé - La Quête : Dans les coulisses de la Chartreuse Terminorum, éditions De Boeck Supérieur.
    Simon Lancelevé est sociologue et journaliste, spécialisé dans l’endurance et les récits de course. Il a suivi pendant quatre ans la communauté de la Terminorum pour comprendre ce que cette épreuve révèle des trajectoires humaines et des engagements profonds.
    👉 Son livre La Quête

la faq pour tout comprendre avant de se lancer

Assistance & sécurité

Quelle forme d’assistance est autorisée au camp ?

L’assistance est autorisée uniquement au point de départ/arrivée, souvent appelé camp. Les coureurs peuvent y accéder entre les boucles pour se reposer, se ravitailler, changer de matériel ou recevoir une aide logistique.

En revanche, une fois une boucle entamée, toute assistance extérieure est strictement interdite : aucun ravitaillement, aucun accompagnement, aucune aide humaine ou matérielle n’est autorisée jusqu’au retour au camp.

Y a-t-il un dispositif de sécurité sur le massif ?

Oui. Même si la course cultive la discrétion, un dispositif de sécurité existe. L’organisation assure un suivi des participants, notamment au passage des boucles, et peut intervenir en cas de problème grave.

Cependant, la Chartreuse Terminorum reste une épreuve d’engagement : les coureurs évoluent en milieu montagnard, souvent isolé, et doivent être capables de gérer seuls la majorité des situations rencontrées sur le terrain.

Que se passe-t-il en cas d’abandon lors d’une boucle ?

En cas d’abandon pendant une boucle, le coureur doit revenir par ses propres moyens au camp, dans la mesure du possible, et signaler son arrêt à l’organisation.

Un abandon met fin à la participation pour l’édition en cours. Il n’est pas possible de repartir sur une autre boucle après un abandon volontaire ou un hors-délai.

Navigation

Quels outils de navigation sont autorisés ?

La navigation se fait sans GPS. Les coureurs utilisent des outils classiques d’orientation, comme une carte et une boussole.

Tout dispositif de navigation électronique permettant de suivre une trace ou une position en temps réel est interdit pendant la boucle.

Peut-on préparer les cartes à l’avance ?

Oui, les cartes peuvent être préparées en amont, annotées ou étudiées avant le départ.

Cependant, le tracé exact et l’emplacement des points de contrôle ne sont révélés qu’au dernier moment, ce qui limite volontairement l’anticipation totale et fait partie intégrante du défi.

Les livres sont-ils toujours au même endroit chaque année ?

Non. L’emplacement des livres — qui servent de points de contrôle — peut évoluer d’une édition à l’autre.

Ce choix empêche toute mémorisation d’un parcours et garantit que chaque édition reste un défi nouveau, même pour les coureurs déjà engagés les années précédentes.

Profil des participants

Faut-il être un coureur d’élite pour participer ?

Non. La Chartreuse Terminorum n’est pas réservée aux élites au sens classique. Les participants viennent d’horizons variés.

Ce qui est recherché avant tout, ce sont des profils capables d’évoluer en autonomie, de gérer l’orientation, la fatigue mentale et l’incertitude — bien plus que des performances chronométriques pures.

Peut-on s’inscrire sans avoir déjà terminé un ultra ?


Oui, c’est possible. Avoir terminé un ultra-trail est un atout, mais ce n’est pas un prérequis obligatoire.

L’organisation s’intéresse davantage à l’expérience globale du candidat : orientation, aventures longues, gestion du sommeil, capacité à évoluer seul et à prendre des décisions dans la durée.

Peut-on revenir plusieurs fois malgré des échecs ?

Oui. De nombreux participants reviennent après un ou plusieurs échecs.

La Chartreuse Terminorum est souvent vécue comme un problème à résoudre, et il n’est pas rare que l’expérience acquise lors d’une tentative infructueuse serve de base à une future réussite.

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